Niveau de français exigé pour exercer la profession de masseur-kinésithérapeute en France

Si le français n'est pas votre langue maternelle, vous devez justifier d'un niveau B2 pour exercer la kinésithérapie en France. C'est votre langue maternelle qui compte, pas votre nationalité. Le contrôle a lieu au moment de votre inscription au tableau de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, une fois votre qualification reconnue : il ne conditionne pas l'autorisation d'exercice.

Le plus simple est de présenter un certificat reconnu. Si votre dossier n'en contient aucun, le conseil départemental de l'Ordre peut vous faire passer son propre test, sous la forme d'un entretien avec mise en situation.

Qui est concerné

Tout masseur-kinésithérapeute dont le français n'est pas la langue maternelle, qu'il vienne exercer en France de façon durable ou temporaire. Le critère retenu par l'Ordre est la langue maternelle, pas la nationalité ni le pays du diplôme : un kinésithérapeute espagnol, portugais ou italien est concerné, même une fois son autorisation d'exercice obtenue.

Si vous intervenez à titre temporaire et occasionnel, sous le régime de la libre prestation de services, vous n'avez pas à vous inscrire au tableau. Votre déclaration préalable doit en revanche être accompagnée d'une déclaration relative à vos connaissances linguistiques.

Ce que prévoit le code de la santé publique

L'article L. 4321-9 du code de la santé publique impose au kinésithérapeute qui demande son inscription au tableau de posséder les connaissances linguistiques nécessaires à l'exercice de la profession, ainsi que celles relatives aux systèmes de poids et mesures utilisés en France.

Le même article encadre le contrôle : il doit être proportionné à l'activité à exercer et réalisé une fois la qualification professionnelle reconnue. Les exigences linguistiques ne peuvent donc pas aller au-delà de ce qu'exige la pratique de la kinésithérapie, et elles n'interviennent qu'après la décision sur vos qualifications.

Attention ! Le certificat de langue ne fait pas partie des pièces du dossier d'autorisation d'exercice. N'attendez pas de l'avoir pour déposer votre demande auprès de la DREETS : les deux démarches peuvent avancer en parallèle. En revanche, si la commission vous prescrit un stage d'adaptation, il se déroulera dans un établissement de santé français, en français. Votre niveau comptera alors bien avant l'inscription au tableau.

Le niveau B2, concrètement

L'Ordre exige le niveau B2 du Cadre européen commun de référence pour les langues, ou un niveau équivalent ou supérieur. Il le décrit comme une maîtrise avancée de la langue, y compris dans un cadre professionnel. Un niveau B1 ne suffit pas.

Les critères de l'Ordre, détaillés plus bas, en donnent la mesure : comprendre un patient qui décrit ses douleurs, lui expliquer votre traitement, comprendre les indications du médecin et transmettre votre bilan. Il s'agit d'un test de langue, pas d'un test de compétence professionnelle.

Les certificats reconnus

L'Ordre reconnaît cinq certificats : le TCF, le TEF, le DELF, le DALF et le DFP médical. Ils ne se valent pas en pratique : les uns sont des tests à durée de validité limitée, les autres des diplômes acquis à vie.

  • TCF tout public (France Éducation international) : test noté sur une échelle de 100 à 699 points, le niveau B2 correspondant à un score de 400 à 499. L'attestation est valable deux ans. Les trois épreuves obligatoires sont des QCM : compréhension orale, maîtrise des structures de la langue, compréhension écrite. L'expression écrite et l'expression orale sont des épreuves complémentaires, passées uniquement sur demande. Il faut attendre 20 jours entre deux passations.
  • TEF (CCI Paris Île-de-France) : test noté sur le même principe que le TCF, dont les résultats sont valables deux ans.
  • DELF B2 (France Éducation international) : diplôme valable à vie, qui évalue séparément les quatre compétences. Vous vous inscrivez directement au niveau visé ; l'examen est plus long et demande davantage de préparation qu'un test.
  • DALF C1 ou C2 (France Éducation international) : diplôme valable à vie, de niveau supérieur au B2.
  • DFP médical (CCI Paris Île-de-France) : le seul certificat centré sur le milieu de la santé, que l'Ordre considère comme de niveau équivalent au B2. La CCI propose aujourd'hui un Diplôme de français professionnel Santé en niveaux B1, B2 et C1 ; l'examen B2/C1 est unique et délivre l'un ou l'autre niveau selon votre performance. Ces diplômes sont valables à vie. L'Ordre cite encore l'intitulé « DFP médical » : faites confirmer par votre conseil départemental qu'il accepte le DFP Santé.

Attention ! Ne passez pas le TCF en vous limitant aux épreuves obligatoires. Aucune d'elles n'évalue votre expression, alors que l'Ordre, dans son propre test, évalue l'expression orale et écrite. L'Ordre ne précise pas quelles épreuves du TCF il attend : une attestation complète vous évite toute discussion.

Attention ! Choisissez le moment de votre test. Le contrôle intervient à l'inscription au tableau, donc après l'autorisation d'exercice, dont l'instruction se compte en mois, davantage encore si une mesure de compensation vous est prescrite. Une attestation TCF ou TEF passée trop tôt peut avoir expiré le jour où vous vous présentez à l'Ordre. Les documents publiés par l'Ordre ne mentionnent aucune durée de validité des certificats : si le vôtre arrive à échéance, interrogez votre conseil départemental. Pour ne pas avoir à vous en soucier, préférez un diplôme valable à vie : DELF, DALF ou DFP.

Sans certificat : le test de langue de l'Ordre

Si votre dossier ne contient aucun justificatif de niveau, le conseil départemental de l'Ordre peut vous faire passer son propre test. Selon le référentiel de l'Ordre, c'est seulement dans ce cas qu'un test peut être demandé. Il s'agit d'un entretien avec un ou deux conseillers ordinaux, apprécié au cas par cas, qui évalue votre compréhension et votre expression, à l'oral comme à l'écrit.

Le cœur de l'entretien est un jeu de rôle qui reproduit une consultation. Vous jouez votre propre rôle ; un conseiller joue le patient. Il vous explique pourquoi il consulte, parfois avec les indications de son médecin ou de son chirurgien, par exemple après une intervention. Vous devez établir un plan de traitement et le lui exposer assez clairement pour obtenir son consentement éclairé.

Le Conseil national de l'Ordre a défini cinq critères qui peuvent servir de base à l'évaluation :

  • comprendre les explications du patient pour établir votre diagnostic kinésithérapique ;
  • vous faire comprendre du patient et lui expliquer le traitement et les techniques que vous allez utiliser ;
  • obtenir son consentement éclairé ;
  • comprendre les indications du médecin ou du chirurgien ;
  • communiquer avec vos confrères, les autres professionnels de santé et les instances professionnelles, notamment pour rédiger et transmettre le bilan kinésithérapique.

Si l'avis est défavorable

L'avis des conseillers, favorable ou non, est soumis au vote du conseil départemental. Si le vote vous est favorable, votre inscription au tableau suit son cours.

Dans le cas contraire, le conseil départemental vous oppose un refus d'inscription. Ce refus doit être motivé et mentionner les voies de recours : vous pouvez le contester devant le conseil régional de l'Ordre. Le conseil départemental doit également vous orienter vers des organismes de formation pour améliorer votre français.

Attention ! Tant que vous n'êtes pas inscrit au tableau, vous ne pouvez pas exercer, même avec une autorisation d'exercice et une promesse d'embauche. Exercer sans inscription constitue le délit d'exercice illégal de la profession.

Préparer l'entretien : le français des patients

Le vocabulaire médical ne suffit pas : vos patients décriront leurs symptômes avec des mots de tous les jours. C'est précisément ce que met à l'épreuve le jeu de rôle de l'Ordre, où un conseiller joue le patient. Quelques expressions courantes :

  • « J'ai le dos bloqué » : blocage lombaire aigu, souvent un lumbago ;
  • « Ça me tire dans la jambe » : douleur irradiée, dont il faudra préciser le trajet ;
  • « J'ai des fourmis dans le pied » : paresthésies ;
  • « Ça me lance » : douleur vive, par élancements ;
  • « Mon genou lâche » : sensation d'instabilité, dérobement ;
  • « Je suis tout rouillé le matin » : raideur matinale ;
  • « J'ai la tête qui tourne » : vertiges, à distinguer d'un malaise.

Entraînez-vous aussi aux phrases dont vous aurez besoin à chaque séance : expliquer un exercice, vérifier que le patient a compris, recueillir son accord avant une technique, résumer un bilan par écrit pour le médecin prescripteur.

Où se situe cette étape dans votre parcours

Le contrôle de la langue intervient à la dernière étape de votre parcours. Dans l'ordre : vous réunissez les pièces de reconnaissance de votre diplôme, vous obtenez l'autorisation d'exercice du préfet de région, puis vous vous inscrivez au tableau de l'Ordre dans votre département d'exercice, où votre maîtrise du français est vérifiée.

Si vous n'êtes pas ressortissant de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen, vérifiez d'abord sur notre page consacrée à l'autorisation d'exercice quelle voie vous est ouverte. Pour une vue d'ensemble, consultez notre page sur les kinésithérapeutes étrangers en France.

Des outils en ligne, faciles à utiliser

Pour vous accompagner dans votre projet

Votre Compte FisioFrance


Mot de passe oublié ?

Connexion

Créer mon compte
Ce site Internet utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Consultez notre politique de confidentialité pour gérer les options.