Salaire, charges sociales et impôts du kinésithérapeute salarié en France

Lors d'un recrutement, l'employeur annonce généralement une rémunération brute. Ce montant inclut les cotisations salariales, qui financent la protection sociale du salarié et sont retranchées du salaire net qu'il perçoit.

Les règles diffèrent selon que le kinésithérapeute travaille dans le secteur privé, comme fonctionnaire hospitalier ou comme agent contractuel de la fonction publique.

→ Les conditions d'emploi sont présentées sur notre page Exercer en tant que kinésithérapeute salarié.

Combien gagne un kinésithérapeute salarié ?

Les employeurs annoncent généralement un salaire brut. Pour pouvoir comparer les secteurs, les montants ci-dessous sont exprimés en net avant impôt, c'est-à-dire ce que le salarié perçoit avant le prélèvement à la source.

Les salaires observés dans les établissements de santé

La DREES, service statistique des ministères sociaux, publie chaque année les salaires des établissements de santé. Voici ce que gagnaient en 2023 les rééducateurs, catégorie qui comprend les masseurs-kinésithérapeutes, pour un temps plein :

Salaire mensuel net (2023) Salaire moyen Salaire médian1 8 salariés sur 10 gagnent entre…
Hôpital public 2 619 € 2 583 € 1 972 € et 3 273 €
Établissement privé à but non lucratif 2 487 € 2 444 € 1 959 € et 3 114 €
Établissement privé à but lucratif (clinique) 2 364 € 2 329 € 1 727 € et 3 010 €

¹ La moitié des salariés gagne moins que ce montant, l'autre moitié gagne plus.

Source : DREES, Les établissements de santé en 2024, édition 2026

Pour lire ces chiffres :

  • Ce sont des montants nets. Ils sont calculés après toutes les cotisations sociales, CSG et CRDS comprises, mais avant impôt sur le revenu. Ils sont ramenés à un équivalent temps plein.
  • Ce sont des moyennes sur l'ensemble des salariés. Elles incluent les primes et indemnités, et portent sur des salariés de tous âges et de toutes anciennetés.
  • Le champ est limité. Ils concernent les établissements hospitaliers, publics et privés.
  • La catégorie est plus large que les kinés. Les « rééducateurs » regroupent les masseurs-kinésithérapeutes et d'autres professions de rééducation.

La revalorisation décidée lors du Ségur de la santé a aussi concerné le secteur privé. Elle est versée depuis décembre 2020 sous la forme d'un complément mensuel de 183 € net dans les secteurs public et privé non lucratif, et de 160 € net dans le privé lucratif.

Dans le secteur privé, le salaire dépend ensuite de l'employeur, du poste, du contrat de travail et, le cas échéant, de la convention collective applicable. Pour convertir une offre exprimée en brut, le simulateur de l'Urssaf donne une estimation du net.

La grille de la fonction publique hospitalière (septembre 2026)

La rémunération d'un fonctionnaire comprend un traitement indiciaire, calculé à partir de l'indice correspondant à son grade et à son échelon, auquel peuvent s'ajouter des primes et indemnités. La grille des masseurs-kinésithérapeutes de la fonction publique hospitalière est fixée par décret.

Le corps comprend deux grades :

  • la classe normale, de l'indice majoré 427 à 727 ;
  • la classe supérieure, qui culmine à l'indice majoré 769.

La valeur du point d'indice est de 4,92278 € brut par mois, inchangée depuis le 1er juillet 2023.

Les fonctionnaires qui exercent dans le secteur de la santé, social ou médico-social perçoivent en outre un complément de traitement indiciaire (CTI) de 49 points d'indice majoré, soit 241,22 € brut par mois. Il est distinct de l'indemnité de résidence et du supplément familial de traitement.

Sur ces montants, le fonctionnaire supporte deux prélèvements :

  • une retenue pour pension CNRACL de 11,10 %, calculée sur le traitement indiciaire et le CTI ;
  • la CSG et la CRDS, au taux global de 9,70 %, calculées sur 98,25 % du brut.

En septembre 2026, cela donne :

Montants mensuels Début de carrière Fin de carrière
Traitement indiciaire brut 2 102 € 3 786 €
Complément de traitement indiciaire (brut) 241 € 241 €
Total brut 2 343 € 4 027 €
Retenue pour pension CNRACL (11,10 %) − 260 € − 447 €
CSG et CRDS − 223 € − 384 €
Net avant impôt (estimation) ≈ 1 860 € ≈ 3 196 €

Cette estimation porte sur un temps plein, hors primes et indemnités (indemnité de résidence, supplément familial de traitement, primes de service). Elle ne tient pas compte d'une éventuelle complémentaire santé ni du prélèvement à la source.

Ces montants ne portent que sur le traitement indiciaire et le CTI, en début et en fin de carrière. Les salaires de la DREES présentés plus haut sont plus élevés, car ils incluent les primes et indemnités, et portent sur des salariés de tous âges et de toutes anciennetés. Dans les hôpitaux publics, les 10 % de rééducateurs les moins payés gagnent d'ailleurs moins de 1 972 € net par mois, un montant proche de l'estimation de début de carrière.

Ces montants évolueront en cas de revalorisation du point d'indice ou de modification de la grille.

La rémunération des agents contractuels est fixée par l'établissement employeur et peut différer de ces montants.

Du salaire brut au salaire net

Le bulletin de paie distingue notamment :

  • le salaire brut, indiqué dans l'offre d'emploi et le contrat ;
  • le net à payer avant impôt, après déduction des cotisations et contributions ;
  • le montant du prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu ;
  • le montant effectivement versé au salarié.

Il mentionne également le montant total versé par l'employeur, qui comprend le salaire brut et les cotisations à la charge de l'employeur.

Les cotisations sociales et la retraite

Dans le secteur privé

Sur la fiche de paie, les cotisations de protection sociale sont regroupées en cinq rubriques : santé, accidents du travail et maladies professionnelles, retraite, famille et chômage. Le salaire net est également calculé après déduction de la CSG et de la CRDS.

Pour sa retraite, le salarié du privé relève de l'Assurance retraite. Il cotise aussi obligatoirement au régime complémentaire Agirc-Arrco, un régime par points.

L'employeur doit faire bénéficier tous ses salariés d'une complémentaire santé et en financer au moins 50 %, certains salariés pouvant être dispensés d'y adhérer. La part restant à la charge du salarié est retenue sur son salaire.

Dans la fonction publique hospitalière

Le fonctionnaire hospitalier relève de la CNRACL pour sa retraite. L'établissement verse à la caisse une retenue prélevée sur le traitement de l'agent et une contribution employeur.

Il cotise également au régime additionnel de la fonction publique (RAFP) sur ses primes. Ces primes sont retenues dans la limite de 20 % du traitement indiciaire brut, et l'employeur verse une cotisation d'un montant identique.

L'agent contractuel relève de l'Assurance retraite de la Sécurité sociale pour sa retraite de base et cotise obligatoirement à l'Ircantec pour sa retraite complémentaire.

Il n'existe donc pas de pourcentage unique permettant de passer du brut au net pour tous les kinésithérapeutes salariés.

L'impôt sur le revenu

Le prélèvement à la source

Depuis 2019, l'impôt sur le revenu est prélevé à la source : l'administration fiscale transmet à l'employeur un taux calculé à partir de la déclaration de revenus du salarié. Ce taux est actualisé chaque année en septembre.

Le taux par défaut

En l'absence de taux transmis, l'employeur applique un taux par défaut, par exemple lors d'une première année d'activité. Cette situation peut donc concerner un kinésithérapeute qui commence à travailler en France.

Ce taux résulte d'une grille établie en fonction du salaire mensuel.

Les couples

Depuis septembre 2025, chaque membre d'un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune se voit appliquer par défaut un taux individualisé, sauf demande de maintien du taux du foyer.

La déclaration annuelle

Le prélèvement à la source ne dispense pas de déclarer chaque année ses revenus de l'année précédente.

Un professionnel qui s'installe en France déclare ses revenus l'année qui suit son arrivée.

Du salaire au revenu imposable

L'impôt n'est pas calculé directement sur le salaire. Les salaires déclarés bénéficient d'abord d'une déduction forfaitaire de 10 % pour frais professionnels, appliquée automatiquement ; le salarié peut y renoncer et déduire ses frais réels.

Après ces abattements et d'éventuelles charges déductibles, on obtient le revenu net imposable, auquel s'applique le barème.

Le « net imposable » figurant sur la fiche de paie correspond au montant à déclarer, avant cette déduction de 10 %.

Le barème de l'impôt (septembre 2026)

L'impôt est calculé selon un barème progressif. Chaque tranche de revenu est imposée à un taux différent, de 0 % à 45 %, en tenant compte du quotient familial, c'est-à-dire du nombre de parts du foyer. Le barème est fixé chaque année : le barème 2026 s'applique aux revenus de 2025.

Barème 2026, applicable aux revenus de 2025, pour une part de quotient familial :

Tranche de revenu net imposable Taux
Jusqu'à 11 600 €0 %
De 11 601 € à 29 579 €11 %
De 29 580 € à 84 577 €30 %
De 84 578 € à 181 917 €41 %
Plus de 181 917 €45 %

Source : Service-Public.fr

Exemple officiel. Prenons un célibataire (une part) dont le revenu net imposable est de 30 000 €. Ce montant s'entend après la déduction de 10 % et correspond donc à environ 33 300 € de salaires imposables déclarés.

  • rien n'est dû sur la tranche jusqu'à 11 600 € ;
  • la tranche à 11 % donne 1 977,69 € ;
  • la tranche à 30 % donne 126,30 €.

Son impôt brut, avant réductions et crédits d'impôt, s'élève à 2 103,99 €. Cela représente un taux moyen de 7,01 %, bien que son taux marginal soit de 30 % : tous ses revenus ne sont pas imposés à 30 %.

Le barème applicable aux revenus perçus en 2026 sera fixé par la loi de finances pour 2027.

Comment estimer son salaire net ?

Le simulateur de l'Urssaf estime le salaire net et le net après impôt à partir d'un salaire brut, y compris dans une version en anglais. Ses calculs sont indicatifs et ne prennent pas en compte, pour l'instant, les conventions collectives.

Pour un poste de fonctionnaire hospitalier, dont les cotisations relèvent de la CNRACL, il est préférable de se référer aux informations fournies par l'établissement employeur.

Pour l'impôt, l'administration fiscale met à disposition un simulateur.

→ Pour comparer avec l'exercice libéral : Charges sociales, taxes et impôts du kinésithérapeute libéral

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