Choisir son mode d'exercice

Choisir entre l'exercice libéral et le salariat est l'une des premières décisions d'un masseur-kinésithérapeute qui commence à exercer en France — et l'une des rares qui puisse être révisée à tout moment. Les deux cadres ne s'opposent pas : on peut commencer salarié, passer en libéral, revenir au salariat, ou cumuler les deux.

Cette page rassemble ce qui départage réellement les deux statuts : les règles d'installation, les revenus observés, la protection sociale et les obligations. Elle évite volontairement les moyennes trompeuses et indique, pour chaque chiffre, sa source, son année et son périmètre.

L'essentiel en six points

  1. 85 % des kinésithérapeutes inscrits à l'Ordre relèvent du collège libéral, 15 % sont exclusivement salariés (données au 1ᵉʳ janvier 2024).
  2. « Libéral » n'est pas un statut unique. Remplaçant, assistant, collaborateur, titulaire : quatre situations économiques et contractuelles différentes.
  3. Le zonage conventionnel conditionne l'installation avant toute considération de revenus. Dans les « zones non prioritaires », qui couvrent 30 % de la population, le conventionnement suppose de succéder à un confrère qui cesse son activité.
  4. Le chiffre d'affaires n'est pas le revenu. Chez les kinésithérapeutes libéraux déclarant au réel, l'écart moyen entre recettes encaissées et bénéfice dépasse 50 %.
  5. Les indépendants travaillent en moyenne plus que les salariés : 1 971 heures contre 1 669 heures pour un salarié à temps complet en 2023.
  6. Sur les seules indemnités journalières maladie, le salariat n'est pas systématiquement plus favorable : depuis avril 2025, le salaire servant à leur calcul est plafonné à 1,4 Smic, un plafond nettement inférieur à celui applicable aux professionnels libéraux conventionnés. En revanche, la protection globale du salarié reste plus largement mutualisée, notamment grâce au maintien de salaire, à la couverture AT/MP et à l'assurance chômage.

Ce que disent les chiffres de la profession

Au Tableau de l'Ordre, un kinésithérapeute est inscrit soit au collège salarié, soit au collège libéral — ce dernier regroupant l'activité libérale exclusive et l'activité mixte. Au 1ᵉʳ janvier 2024 :

Collège Effectif Part
Libéral et mixte 89 809 85,0 %
Salarié exclusif 15 849 15,0 %

La densité nationale est de 154,5 kinésithérapeutes pour 100 000 habitants, dont 131,3 en exercice libéral ou mixte et 23,2 en exercice salarié.

Précision importante : l'Ordre ne distingue pas, au sein du collège libéral, l'exercice exclusif de l'exercice mixte. Les 85 % ne signifient donc pas « 85 % de libéraux exclusifs ». Une enquête distincte de l'Ordre sur les modalités d'exercice, menée du 3 juin au 13 août 2024 auprès de 1 694 professionnels, relevait 86,88 % de répondants en libéral, 10,7 % en salariat et 2,42 % en exercice mixte — mais il s'agit de données déclaratives issues de répondants volontaires, non d'un recensement.

Réf. : CNOMK, rapport 2024 sur la démographie des kinésithérapeutes, données au 1ᵉʳ janvier 2024 ; CNOMK, rapport d'enquête sur les modalités d'exercice des kinésithérapeutes en 2024.

Une profession largement formée hors de France — au 1ᵉʳ janvier 2024, 32 574 kinésithérapeutes inscrits au Tableau étaient titulaires d'un diplôme obtenu hors de France, soit 30,8 % des inscrits, contre 23 728 (26,1 %) au 1ᵉʳ janvier 2020. Parmi eux, 66,1 % sont de nationalité française. La Belgique est le premier pays d'obtention.

Réf. : CNOMK, rapport démographie 2024, chapitre 5.

Si vous êtes dans ce cas, l'autorisation d'exercice et l'inscription au Tableau sont des préalables à tout mode d'exercice.

« Libéral » recouvre quatre situations très différentes

Opposer « libéral » et « salariat » masque la vraie première décision : sous quel statut entrer dans l'exercice libéral. L'Ordre comptabilise les activités (lieux d'exercice déclarés) et non les personnes ; au 1ᵉʳ janvier 2024, sur 103 278 activités libérales déclarées :

Statut Ce qui le caractérise Repère chiffré (1ᵉʳ janvier 2024)
Remplaçant Exerce à la place d'un titulaire absent, sous le conventionnement de celui-ci, contre rétrocession d'honoraires. Pas de patientèle propre, pas de charges de cabinet. 7 635 professionnels remplaçants exclusifs, contre 6 006 en 2018 (+27,1 %)
Assistant Exerce dans le cabinet d'un titulaire, en parallèle de celui-ci, avec rétrocession d'honoraires. 31 132 activités d'assistants, soit 30,14 % des activités libérales
Collaborateur Exerce sans lien de subordination dans le cabinet d'un confrère. Le contrat de collaboration libérale permet de se constituer une patientèle personnelle. 7 511 activités de collaborateurs, soit 7,27 % des activités libérales
Titulaire Détient le cabinet, assume les charges, les investissements et le risque économique ; constitue un actif cessible. Non dénombré séparément par l'Ordre. Les activités d'assistants et de collaborateurs représentent ensemble 37,41 % des 103 278 activités libérales déclarées

Attention aux unités : l'Ordre dénombre des personnes pour les remplaçants exclusifs, mais des activités (lieux d'exercice déclarés) pour les assistants et les collaborateurs. Un même professionnel peut déclarer plusieurs activités, et un cabinet peut recruter plusieurs assistants. Ces pourcentages ne sont donc pas des parts de la profession.

Le nombre de cabinets secondaires et tertiaires déclarés est passé de 13 982 en 2020 à 20 374 en 2024 (+45,7 %). Le nombre de sociétés d'exercice inscrites au Tableau a augmenté de 67,9 % sur la même période : 2 018 SEL, 252 SCP, 75 SPFPL et 5 SISA au 1ᵉʳ janvier 2024.

Une cinquième voie, encore marginale mais en forte progression, existe : être salarié d'un cabinet libéral ou d'une SEL. Ils étaient 328 au 1ᵉʳ janvier 2024 (2,1 % des kinésithérapeutes salariés), contre 148 en 2020, soit +122 %. L'Ordre relie explicitement ce développement aux restrictions de conventionnement en zone sur-dotée : ces contrats de salariat ne sont pas soumis aux règles conventionnelles d'installation.

Réf. : CNOMK, rapport démographie 2024, tableaux 2, 3 et 4 ; Assurance Maladie, processus d'installation en libéral (définition du contrat de collaboration libérale).

→ Pour en savoir plus : Les différents contrats d'exercice libéral

Le zonage : la contrainte à vérifier avant tout le reste

S'installer en libéral conventionné n'est pas libre partout. Un dispositif de rééquilibrage de l'offre de soins existe depuis l'avenant 5 à la convention nationale (signé le 6 novembre 2017) et a été renforcé par l'avenant 7 (conclu le 13 juillet 2023).

Le zonage comporte quatre niveaux, définis à partir de l'indicateur d'accessibilité potentielle localisée (APL) :

Zone Définition Conséquence
Très sous-dotée Bassins de vie couvrant les 15 % de la population où l'APL est le plus bas Accès aux contrats incitatifs (aides à l'installation et au maintien)
Sous-dotée Les 15 % suivants Accès à un dispositif d'aide à l'installation — périmètre exact à confirmer auprès de la CPAM (voir remarque ci-dessous)
Intermédiaire Les autres bassins de vie, soit 40 % de la population Conventionnement sans condition supplémentaire
Non prioritaire (ex-« sur-dotée ») Bassins de vie couvrant les 30 % de la population où l'APL est le plus élevé Conventionnement accordé uniquement en succession d'un confrère cessant définitivement son activité (« 1 départ pour 1 installation »), sauf cas dérogatoires

Le dispositif n'entre en vigueur qu'après publication de l'arrêté de zonage par chaque ARS : la date d'application varie d'une région à l'autre. Les cas dérogatoires existent mais s'apprécient au cas par cas auprès de la caisse. Dans les zones très sous-dotées, le contrat incitatif permet notamment de percevoir une aide forfaitaire et de bénéficier d'une prise en charge des cotisations d'allocations familiales.

Remarque sur les zones aidées : les pages d'ameli ne sont pas parfaitement concordantes. La page « Processus d'installation » indique que les kinésithérapeutes des zones sous-dotées peuvent bénéficier du dispositif d'aide via les contrats incitatifs, tandis que l'article dédié aux aides et la page consacrée à l'avenant 7 les rattachent aux seules zones très sous-dotées (15 % de la population). Le classement de la commune visée et l'éligibilité effective doivent donc être confirmés auprès de la CPAM du lieu d'installation.

Réf. : Assurance Maladie, processus d'installation en libéral (mise à jour du 25 novembre 2024) ; avenants à la convention nationale ; aides à l'installation et au maintien en zones très sous-dotées.

Le cadre conventionnel a beaucoup bougé depuis 2023

La convention nationale des masseurs-kinésithérapeutes compte aujourd'hui huit avenants.

  • L'avenant 7, conclu le 13 juillet 2023, a refondu la nomenclature, actualisé le zonage, créé de nouveaux contrats incitatifs et étendu le télésoin.
  • En juin 2025, le comité d'alerte ayant jugé sérieux le risque de dépassement de l'ONDAM, les revalorisations prévues au 1ᵉʳ juillet 2025 ont été suspendues et reportées au 1ᵉʳ janvier 2026.
  • L'avenant 8, conclu le 28 novembre 2025 et publié au Journal officiel du 19 décembre 2025, sécurise ce calendrier et avance au 28 mai 2026 une revalorisation de 0,3 point de coefficient sur plusieurs actes (TER 9,49, TER 9,51 et APM 9,50).

Ces évolutions ne concernent que l'exercice libéral conventionné. Elles n'ont pas d'effet direct sur la rémunération d'un salarié.

Réf. : Assurance Maladie, avenants à la convention nationale des masseurs-kinésithérapeutes ; Légifrance, avis relatif à l'avenant n° 8.

→ Pour en savoir plus : La convention nationale et la NGAP

Revenus : ce que les statistiques permettent — et ne permettent pas — de dire

C'est le point sur lequel circulent le plus d'approximations. Trois précautions s'imposent : un salaire et un bénéfice libéral ne se mesurent pas de la même façon, les moyennes recouvrent des temps de travail très différents, et le chiffre d'affaires d'un cabinet n'est pas le revenu du praticien.

Côté salariat — la source la plus solide croisant données salariales et non salariales pour les kinésithérapeutes est une étude de l'Insee portant sur les salariés de la santé en Provence-Alpes-Côte d'Azur (données 2021, publiée en juin 2025). Pour les masseurs-kinésithérapeutes exerçant exclusivement comme salariés :

Indicateur Valeur (PACA, 2021)
Salaire net annuel moyen23 160 €
Salaire net horaire moyen16,4 €
Part de temps partiel26 %
Part de CDD14 %
Part de 55 ans et plus22 %
Part de femmes64 %

Le salaire annuel moyen ne doit pas être divisé par douze pour obtenir un salaire mensuel à temps plein : il agrège des temps partiels, des CDD et des années incomplètes. Le salaire net horaire (16,4 €) est le seul indicateur directement comparable d'un professionnel à l'autre. L'étude relève par ailleurs que les masseurs-kinésithérapeutes figurent parmi les métiers de la santé en forte tension de recrutement dans la région.

Limite à connaître : cette étude est régionale et porte sur 2021. Il n'existe pas d'équivalent national récent pour les seuls kinésithérapeutes salariés.

À l'hôpital public, la rémunération suit une grille indiciaire nationale : le corps relève de la catégorie A de la fonction publique hospitalière et comporte deux grades, de l'indice majoré 427 à l'indice majoré 769, soit un traitement brut mensuel allant d'environ 2 100 € à 3 800 €, hors primes, indemnités et complément de traitement indiciaire (CTI). Dans le secteur privé, la rémunération dépend de la convention collective applicable à l'établissement.

Réf. : Insee, Insee Analyses Provence-Alpes-Côte d'Azur n° 145, juin 2025, figures 3 et 5 ; grille indiciaire du corps des masseurs-kinésithérapeutes de la fonction publique hospitalière, valeur du point d'indice 2026.

Côté libéral — l'UNASA publie des statistiques par profession, établies à partir des déclarations de revenus n° 2035 des adhérents de son réseau d'associations de gestion. Deux codes concernent la profession : 851GAF « Kinésithérapeute » et 851GAG « Kinésithérapeute remplaçant ». Dernier exercice disponible en accès public : 2023.

Indicateur (exercice 2023) Kinésithérapeute (851GAF) Remplaçant (851GAG)
Recettes encaissées moyennes85 282 €60 830 €
Bénéfice comptable moyen40 701 €29 796 €
Bénéfice comptable médian31 356 €25 861 €

Deux lectures en découlent pour le code 851GAF : l'écart entre recettes et bénéfice dépasse 50 %. Le bénéfice comptable — calculé avant impôt sur le revenu — représente moins de la moitié des recettes encaissées ; il ne faut donc pas assimiler les 40 701 € à un salaire net disponible. La médiane est nettement inférieure à la moyenne (31 356 € contre 40 701 €) : la moyenne est tirée vers le haut par les cabinets les plus productifs, la moitié des praticiens se situe en dessous de la médiane.

Trois limites à connaître avant d'utiliser ces chiffres

  1. Ce n'est pas un recensement. La base couvre les adhérents des associations de gestion relevant de la déclaration contrôlée (régime réel, liasse 2035). Les kinésithérapeutes au micro-BNC en sont absents, de même que ceux qui n'adhèrent à aucun organisme. Comme le micro-BNC concerne surtout les faibles volumes d'activité — débuts d'exercice, temps partiels, activités accessoires —, les moyennes affichées sont probablement supérieures à celles de l'ensemble de la profession.
  2. Le code 851GAF ne signifie pas « titulaire ». Il regroupe tous les kinésithérapeutes déclarant en BNC qui ne sont pas codés comme remplaçants : titulaires, mais aussi assistants et collaborateurs.
  3. La colonne « remplaçant » repose sur un très petit échantillon. Le recueil UNASA de l'exercice 2023 recense 23 060 déclarations dans la population totale pour le code 851GAF (22 077 dans la population constante), contre seulement 187 pour le code 851GAG (157 dans la population constante). Ces montants doivent être lus comme un ordre de grandeur, non comme une moyenne représentative des remplaçants.

À cela s'ajoute une incertitude sur la continuité de la série : l'agrément des organismes de gestion ayant été supprimé en février 2025 (voir plus bas, « Cotisations, fiscalité et obligations administratives »), la production de ces statistiques dans les prochaines années n'est pas garantie.

Réf. : UNASA, base statistique des revenus des professions libérales, exercice 2023, codes 851GAF et 851GAG (les statistiques les plus récentes sont réservées aux membres) ; effectifs par code relevés dans les recueils annuels de l'UNASA.

Le temps de travail change tout — comparer un revenu libéral et un salaire sans comparer les heures travaillées n'a pas de sens. D'après l'enquête Emploi de l'Insee pour 2023 :

Indicateur (2023) Indépendants Salariés (ensemble) Salariés à temps complet
Durée annuelle effective1 971 h1 549 h1 669 h
Durée hebdomadaire habituelle42,5 h36,2 h38,9 h

La comparaison honnête est celle de la dernière colonne : l'Insee mesure 302 heures de plus par an pour un indépendant que pour un salarié à temps complet, soit un écart d'environ 18 % (302 / 1 669). L'écart de 422 heures souvent cité se mesure par rapport à l'ensemble des salariés, temps partiels compris, et surestime la différence. Deux réserves supplémentaires : la moyenne « indépendants » couvre tous les secteurs et mélange micro-entrepreneurs (1 421 heures) et indépendants classiques (2 151 heures) ; elle n'est pas spécifique aux kinésithérapeutes.

Réf. : Insee, Durée de travail des indépendants, Emploi et revenus des indépendants, édition 2025 ; Insee, Durée du travail.

Ce qu'on ne peut pas affirmer — les données publiques ne permettent pas de calculer un revenu horaire national du kinésithérapeute libéral comparable au salaire horaire du salarié. Aucune source officielle ne mesure le temps total consacré à l'activité par les kinésithérapeutes libéraux, soins et gestion compris. Conséquence : un revenu d'activité libéral supérieur à un salaire ne démontre pas une meilleure rémunération horaire. Les deux affirmations inverses — « le libéral gagne mieux sa vie » et « le libéral gagne moins bien à l'heure » — sont aujourd'hui indémontrables à l'échelle nationale.

→ Pour raisonner sur votre situation plutôt que sur une moyenne : Simulateur de revenus du kinésithérapeute libéral

Protection sociale : les montants 2026

C'est ici que les deux statuts se séparent le plus nettement — mais pas toujours dans le sens attendu.

Arrêt maladie

Salarié (régime général) Libéral conventionné (PAMC)
Délai de carence3 jours3 jours
Calcul50 % du salaire journalier de base, le salaire pris en compte étant plafonné à 1,4 Smic1/730 du revenu d'activité annuel moyen des 3 dernières années civiles, dans la limite de 3 PASS
Montant plafond42,97 € bruts/jour pour les arrêts prescrits depuis le 1ᵉʳ juillet 2026de 26,33 € à 197,51 € bruts/jour en 2026
Au-delà de 90 joursPoursuite des IJ sous conditionsRelais CARPIMKO : 55,44 €/jour du 91ᵉ au 1 095ᵉ jour
ComplémentMaintien de salaire employeur selon la convention collectiveAucun, sauf prévoyance complémentaire souscrite

Le point contre-intuitif. Le plafond des indemnités journalières des salariés a été abaissé de 1,8 à 1,4 Smic par le décret du 20 février 2025, applicable depuis le 1ᵉʳ avril 2025. Ce plafond suit désormais chaque revalorisation du Smic : le maximum est passé de 41,95 € pour les arrêts prescrits de février à juin 2026 à 42,97 € pour ceux prescrits à compter du 1ᵉʳ juillet 2026, après la hausse du Smic du 1ᵉʳ juin (1 867,02 € bruts mensuels, soit un salaire plafond de 2 613,83 €).

Les deux régimes ne se calculent pas de la même façon : celui du salarié est plafonné en valeur absolue, celui du libéral est proportionnel au revenu déclaré. Exemple, toutes choses égales par ailleurs et sous réserve des conditions d'ouverture de droits, à partir des deux règles ci-dessus : un libéral dont le revenu d'activité annuel moyen atteint 40 000 € perçoit environ 55 € par jour (40 000 / 730), là où un salarié ne peut pas dépasser 42,97 €.

Le véritable écart se situe après le 91ᵉ jour : l'allocation CARPIMKO est forfaitaire (55,44 €/jour, soit environ 1 663 € sur 30 jours), indépendante du revenu, et ne couvre pas les charges fixes du cabinet qui continuent de courir. Elle peut être majorée de 8,06 €/jour par enfant à charge et de 20,16 €/jour en cas de recours à une tierce personne. La majoration pour conjoint à charge, qui existait auparavant, a été supprimée au 1ᵉʳ janvier 2025, et celle pour enfant à charge a été divisée par deux à la même date.

Dans la fonction publique, les règles sont distinctes : la rémunération maintenue pendant le congé de maladie ordinaire a été ramenée à 90 % du traitement pour les trois premiers mois par le décret n° 2025-198 du 27 février 2025.

Réf. : Service-Public, indemnités journalières de Sécurité sociale, montants 2026 ; décret n° 2025-160 du 20 février 2025 ; décret n° 2025-198 du 27 février 2025 ; montants CARPIMKO 2026.

Maternité, paternité, naissance

Salarié Libéral conventionné (PAMC)
Durée du congé maternité16 semaines (1ᵉʳ ou 2ᵉ enfant), 26 semaines (3ᵉ et plus), 34 semaines (jumeaux), 46 semaines (triplés et plus)Mêmes durées, avec cessation d'activité d'au moins 8 semaines dont 6 après l'accouchement
Indemnisation maternitéIJ plafonnée à 104,02 €/jour au 1ᵉʳ janvier 2026Allocation forfaitaire de repos maternel de 4 005 € + IJ forfaitaire jusqu'à 65,84 €/jour
Congé de paternité et d'accueil25 jours calendaires (32 en cas de naissances multiples), précédés de 3 jours ouvrables de congé de naissance. IJ jusqu'à 104,02 €/jourIJ forfaitaire jusqu'à 65,84 €/jour, sous conditions et avec interruption effective de l'activité

Nouveauté 2026 : le congé supplémentaire de naissance, créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, est effectif depuis le 1ᵉʳ juillet 2026. Il ajoute 1 ou 2 mois indemnisés après le congé maternité, paternité ou d'adoption, fractionnables en deux périodes d'un mois.

  • Salariés : 70 % du salaire net le premier mois, 60 % le second, dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € en 2026).
  • Indépendants et PAMC : indemnité journalière forfaitaire égale à 1/730 du plafond annuel (48 060 € en 2026) affectée du même coefficient de 0,7 puis 0,6. Conditions : 6 mois d'affiliation, suspension complète de l'activité, avoir préalablement pris les congés maternité ou paternité, et être à jour de ses cotisations. Demande via un téléservice dédié sur demarche.numerique.gouv.fr.

Réf. : Assurance Maladie, prestations maternité des PAMC, congé maternité des salariées, congé de paternité et d'accueil de l'enfant, congé supplémentaire de naissance ; ministère du Travail et des Solidarités, congé supplémentaire de naissance ; Service-Public, congé de paternité et d'accueil de l'enfant dans le secteur privé (fiche vérifiée le 1ᵉʳ juin 2026).

Accident du travail et maladie professionnelle — le salarié est couvert dès l'embauche. Les indemnités journalières AT/MP sont versées sans délai de carence, à hauteur de 60 % du salaire journalier de base pendant les 28 premiers jours (maximum 240,49 €/jour au 1ᵉʳ janvier 2026), puis 80 % à partir du 29ᵉ jour (maximum 320,66 €/jour), sans pouvoir dépasser le salaire journalier net.

Le professionnel libéral n'est pas couvert par le régime AT/MP. Il conserve la prise en charge de ses frais de santé aux conditions habituelles des prestations maladie, et peut souscrire une assurance volontaire individuelle AT/MP auprès de sa caisse. Ce que cette assurance apporte :

  • le remboursement à 100 % des frais liés à l'accident ou à la maladie professionnelle, sur la base des tarifs conventionnels, avec une prise en charge portée à 150 % pour les prothèses dentaires et certains appareillages, dans la limite des frais réels ;
  • en cas d'incapacité permanente, une indemnité en capital si le taux d'IPP est inférieur à 10 %, une rente s'il atteint ou dépasse 10 % ;
  • en cas de décès, le remboursement des frais funéraires jusqu'à 2 002,50 € au 1ᵉʳ janvier 2026 et des rentes pour les ayants droit.

La cotisation est calculée sur un revenu annuel choisi lors de la demande d'admission, qui sert également de base au calcul des indemnisations. Depuis le 1ᵉʳ avril 2026, ce revenu ne peut être inférieur à 21 498,47 € ni supérieur au plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026). Le taux est fixé par la caisse régionale : celui de la profession, diminué de 45 %.

Le point à retenir, et il est contre-intuitif : cette assurance volontaire ne donne pas droit au versement d'indemnités journalières. Elle indemnise les séquelles, pas la perte de revenu pendant l'arrêt. Un arrêt consécutif à un accident du travail relève donc, le cas échéant, du régime maladie de droit commun décrit plus haut — avec ses trois jours de carence, puis la CPAM jusqu'au 90ᵉ jour et la CARPIMKO au-delà — et non du régime AT/MP plus favorable dont bénéficient les salariés, indemnisé sans carence à 60 puis 80 %.

Réf. : Assurance Maladie, accident du travail : prise en charge et indemnités journalières ; Service-Public, indemnités journalières de Sécurité sociale, montants 2026 ; Assurance Maladie, l'assurance volontaire individuelle AT/MP pour le travailleur indépendant (page mise à jour le 7 avril 2026).

Invalidité — pour le salarié, la couverture dépend du statut, de l'employeur et, dans le privé, de la convention collective ou du contrat de prévoyance applicable.

Le libéral relève du régime obligatoire invalidité-décès de la CARPIMKO. Lorsque l'incapacité se prolonge au-delà des trois années d'allocations journalières, une rente peut prendre le relais à compter du premier jour de la 4ᵉ année : 20 160 €/an en cas d'invalidité professionnelle totale, 10 080 €/an en cas d'invalidité partielle (incapacité d'au moins 66 %). L'attribution est soumise à la reconnaissance médicale de la caisse, à une réduction d'au moins deux tiers de l'activité professionnelle et à une condition de revenus. Des contrats privés peuvent compléter cette protection.

Réf. : Info Retraite (portail public), régime invalidité-décès de la CARPIMKO.

Perte d'activité — le salarié relève de l'assurance chômage et peut prétendre à l'ARE dans les conditions de droit commun. Le libéral ne cotise pas à l'assurance chômage. Le seul dispositif public est l'allocation des travailleurs indépendants (ATI) : de 19,73 € à 26,30 € par jour (environ 600 à 800 € par mois), pendant 6 mois maximum, sous conditions strictes et cumulatives — cessation involontaire (liquidation ou redressement judiciaire, ou non-viabilité économique attestée par un tiers de confiance constatant une baisse d'au moins 30 % des revenus), au moins deux ans d'activité continue dans la même entreprise, au moins 10 000 € de revenus d'activité sur les deux dernières années civiles, et ressources personnelles inférieures au RSA. Il ne s'agit donc pas d'un équivalent de l'assurance chômage.

Réf. : Ministère du Travail et des Solidarités, l'allocation pour les travailleurs indépendants ; Unédic, allocation des travailleurs indépendants.

Retraite — le salarié du privé relève de la retraite de base du régime général et de l'Agirc-Arrco, la pension de base étant calculée sur le salaire annuel moyen des 25 meilleures années. Le fonctionnaire hospitalier relève de la CNRACL, où la pension est calculée à partir du traitement indiciaire détenu depuis au moins six mois. Le kinésithérapeute libéral relève de la CARPIMKO (retraite de base, retraite complémentaire, régime ASV et régime invalidité-décès), avec des mécanismes par points pour les régimes complémentaires.

Pour la très grande majorité des lecteurs de cette page, la règle est simple. Les générations nées à partir de 1969 ne sont pas concernées par la suspension en cours : l'âge légal reste fixé à 64 ans et la durée d'assurance requise pour le taux plein à 172 trimestres. La pyramide des âges de la profession le confirme — la tranche 25-29 ans est la plus nombreuse, avec 19 746 professionnels au 1ᵉʳ janvier 2024, et l'âge moyen est de 41 ans. Ce sont donc les règles qui concerneront la très grande majorité des jeunes professionnels entrant aujourd'hui dans la profession.

L'exception concerne cinq générations, celles nées entre 1964 et 1968. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) suspend jusqu'au 1ᵉʳ janvier 2028 le relèvement de l'âge légal et l'allongement de la durée d'assurance prévus par la réforme de 2023. Pour les pensions prenant effet à compter du 1ᵉʳ septembre 2026, l'âge légal de ces cinq cohortes est figé, l'âge de 64 ans est repoussé de la génération 1968 à la génération 1969, et la cible de 172 trimestres n'est atteinte qu'à partir de la génération 1966. Il s'agit d'une suspension et non d'une abrogation : sans nouveau texte, le calendrier de 2023 reprend au 1ᵉʳ janvier 2028.

Sur l'âge de départ effectif, aucune comparaison directe n'est possible. L'Ordre a mesuré pour la première fois, dans son rapport 2024, l'âge de radiation du Tableau pour motif de départ en retraite — mais uniquement chez les inscrits du collège libéral et mixte : 67,2 ans en moyenne en 2023. Aucune mesure équivalente n'existe pour les kinésithérapeutes salariés. Ce chiffre mesure par ailleurs une radiation du Tableau, pas une liquidation de pension : un praticien peut liquider sa retraite et poursuivre une activité en cumul emploi-retraite. Il n'est donc pas comparable à la statistique nationale, qui situait l'âge moyen conjoncturel de départ à la retraite à 62 ans et 9 mois fin 2023, tous régimes confondus.

Réf. : Service-Public, suspension de la réforme des retraites : qui est concerné ? ; CNRACL, suspension de la réforme des retraites, ce qui change au 1ᵉʳ septembre 2026 ; CNOMK, rapport démographie 2024, tableau 7 ; DREES, Les retraités et les retraites, édition 2025.

Cotisations, fiscalité et obligations administratives

Cotisation ordinale 2026 — inchangée depuis 2008, elle ne varie pas en 2026 :

Situation Montant 2026
Libéral ou exercice mixte280 €
Salarié75 €
Libéral, année suivant l'obtention du diplôme140 €
Salarié, année suivant l'obtention du diplôme37,50 €
Retraité (statut unique créé en 2026)50 €
Femme ayant accouché dans l'année, sur justificatifs0 €
Diplômé de l'année (première inscription)0 €

Réf. : CNOMK, Cotisations 2026.

Cotisations sociales du libéral conventionné — un avantage du conventionnement est peu connu : l'Assurance Maladie prend en charge une partie des cotisations du praticien, sur la base de ses revenus d'activité conventionnée. Pour un auxiliaire médical, l'Urssaf indique que la CPAM peut prendre en charge 6,40 % du montant de la cotisation d'assurance maladie, 0,10 % restant à la charge du professionnel.

Barème 2026 (principales lignes, revenu d'activité non salarié) :

Cotisation Règle 2026
Assurance maladie, sur l'assiette de participation CPAM0 % sous 9 612 € ; taux progressif de 0 à 8,50 % entre 9 612 € et 144 180 € ; 6,50 % au-delà — avec prise en charge CPAM progressive de 0 à 8,40 %
Assurance maladie, sur le reste du revenu3,25 % sous 9 612 € ; progressif de 3,25 à 11,75 % ; 9,75 % au-delà de 144 180 €
Allocations familiales0 % sous 52 866 € ; progressif jusqu'à 3,10 % ; 3,10 % au-delà de 67 284 €
CSG-CRDS9,70 %

Deux changements à connaître en 2026

  • La réforme de l'assiette sociale des travailleurs indépendants s'applique aux praticiens et auxiliaires médicaux : le nouveau barème (décret n° 2024-688 du 5 juillet 2024) entre en vigueur à partir d'avril 2026, avec l'ouverture de la campagne de déclaration des revenus 2025.
  • En début d'activité en 2026, les cotisations sont d'abord calculées sur des bases forfaitaires : 19 % du PASS (9 131 €) pour les allocations familiales, la retraite et l'invalidité-décès, et 40 % du PASS (19 224 €) pour la maladie et les indemnités journalières, avant régularisation l'année suivante. Ces bases forfaitaires sont révisées chaque année : à vérifier sur Urssaf.fr avant toute décision d'installation.

Le salarié, lui, voit ses cotisations précomptées sur son bulletin de paie, une part étant à sa charge et l'autre à celle de l'employeur.

Réf. : Urssaf, taux de cotisations praticien ou auxiliaire médical (mise à jour du 20 mars 2026) ; Urssaf, les cotisations d'un auxiliaire médical ; Service-Public Entreprendre, praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés ; décret n° 2024-688 du 5 juillet 2024.

Cotisation foncière des entreprises (CFE) — due par tout professionnel exerçant à titre habituel une activité non salariée au 1ᵉʳ janvier de l'année d'imposition, y compris lorsque l'activité est exercée au domicile. Quatre règles utiles à connaître :

  • aucune CFE n'est due au titre de l'année de création (article 1478 II du CGI), et la base est réduite de moitié la première année d'imposition ;
  • la base d'imposition est constituée par la valeur locative des locaux occupés au cours de l'année N-2 ;
  • en l'absence de local professionnel, le redevable est imposé sur la cotisation minimum fixée par sa commune ;
  • les redevables dont les recettes n'excèdent pas 5 000 € sont exonérés de cette cotisation minimum.

Une déclaration initiale n° 1447-C doit être déposée avant le 1ᵉʳ janvier de l'année suivant la création.

Réf. : economie.gouv.fr, tout savoir sur la cotisation foncière des entreprises ; impots.gouv.fr, CFE et exonération de l'année de création ; Service-Public Entreprendre, cotisation foncière des entreprises.

Organismes de gestion agréés : le dispositif n'existe plus — deux informations encore très présentes sur le web sont obsolètes.

  • La majoration de 25 % du bénéfice imposable en cas de non-adhésion à une AGA a été supprimée progressivement et ne s'applique plus depuis l'imposition des revenus de 2023.
  • L'agrément des organismes de gestion agréés et la réduction d'impôt pour frais de comptabilité et d'adhésion ont été supprimés par l'article 11 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025, avec effet au 16 février 2025. La réduction d'impôt s'est appliquée pour la dernière fois aux revenus de 2024. En contrepartie, les frais de comptabilité et d'adhésion deviennent déductibles du résultat.

Réf. : impots.gouv.fr, abrogation des dispositions relatives à l'agrément et aux missions légales des OGA ; loi n° 2025-127 du 14 février 2025, art. 11.

Assurance de responsabilité civile professionnelle — obligatoire pour tout professionnel de santé exerçant à titre libéral (article L. 1142-2 du Code de la santé publique). Le salarié est en principe couvert par l'assurance de son établissement pour les actes accomplis dans la limite de la mission qui lui est confiée ; la protection juridique personnelle n'est pas automatiquement incluse.

Réf. : Code de la santé publique, article L. 1142-2.

L'exercice mixte : plus fréquent que ce que les statuts déclarés laissent croire

L'exercice mixte n'est pas une situation marginale, mais il est mal mesuré. Deux sources donnent des ordres de grandeur très différents parce qu'elles ne mesurent pas la même chose : l'enquête de l'Ordre de 2024 relève 2,42 % de répondants déclarant un exercice mixte, tandis que l'Insee observe qu'en 2021, en PACA, un kinésithérapeute salarié sur quatre exerçait aussi une activité non salariée. La différence tient au fait que l'Ordre enregistre les professionnels en exercice mixte dans le collège libéral, et que l'exercice d'une activité non salariée accessoire n'est pas toujours déclaré comme un « mode d'exercice ».

Chez les kinésithérapeutes salariés de PACA qui cumulaient les deux activités en 2021, l'Insee mesurait un salaire moyen de 14 874 € et un revenu non salarié moyen de 33 000 €, soit un revenu d'activité total de 47 874 €. Attention à la lecture de ces 33 000 € : il s'agit du revenu tiré d'une activité libérale accessoire par des professionnels dont l'emploi principal est salarié. Ce n'est pas le revenu d'un kinésithérapeute libéral, dont l'ordre de grandeur est donné plus haut par les statistiques UNASA.

L'exercice mixte implique de cumuler les obligations des deux statuts : affiliation à la CARPIMKO pour la part libérale, cotisation ordinale au tarif libéral (280 €), obligations comptables et déclaratives du libéral, et respect du contrat de travail pour la part salariée.

Réf. : Insee, Insee Analyses PACA n° 145, encadré 1 et figure 5.

Comment trancher

Il n'existe pas de réponse universelle. Les questions utiles ne portent pas sur le revenu moyen, mais sur cinq points concrets.

  1. Où voulez-vous vous installer ? Vérifiez le classement de la zone sur rezonekine.ameli.fr avant toute autre démarche. Une zone non prioritaire ferme l'installation conventionnée sauf succession.
  2. Quel est votre horizon ? Le remplacement et l'assistanat permettent d'exercer sans investissement ni engagement long. La titularisation construit un actif cessible, mais suppose d'assumer les charges fixes et le risque d'activité.
  3. Quelle est votre tolérance à l'interruption de revenus ? C'est le critère le plus discriminant. Un arrêt de plus de trois mois ramène un libéral à 55,44 €/jour, forfaitaires. Sans prévoyance complémentaire, les charges du cabinet continuent de courir.
  4. Combien d'heures souhaitez-vous travailler ? Les indépendants déclarent environ 18 % d'heures de plus qu'un salarié à temps complet. Un revenu supérieur peut correspondre à un volume horaire supérieur.
  5. Voulez-vous gérer une entreprise ? Comptabilité, déclarations sociales et fiscales, assurances, gestion des rendez-vous et recouvrement ne sont pas rémunérés à l'acte mais font partie du temps de travail.

Le salariat apporte une rémunération contractuelle, des congés payés, un cadre organisé par l'employeur et une couverture accident du travail. Le libéral apporte la maîtrise de l'organisation et des recettes qui suivent l'activité, en contrepartie du risque économique et d'une protection sociale largement à construire soi-même. L'exercice mixte permet de ne pas trancher immédiatement.

Comparatif détaillé : salariat et libéral

Sauf mention contraire, la colonne « Salariat » renvoie aux règles du régime général et du secteur privé ; les règles de la fonction publique hospitalière sont signalées lorsqu'elles diffèrent.

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